Le Laboratoire de Physique des Lasers (LPL) doit annoncer la triste nouvelle du décès de Jacques Baudon, membre éminent du laboratoire depuisl’année 1976.

Jacques Baudon fut élève de l’Ecole Normale de Bourges puis de l’EcoleNormale Supérieure (ENS) de St Cloud de 1958 à 1962, année où il a été reçu 2ème àl’agrégation de physique. Sa thèse d’Etat, menée à l’Institut d’Electronique Fondamentale (IEF) d’Orsay, portait sur l’étude théorique et expérimentale de collisions atomiques et moléculaires, menée à l’IEF en équipe avec

Michel Barat, thèse soutenue en 1969 à Orsay. Maitre de Conférences au Centre Scientifique et Polytechnique (CSP)de St Denis dès 1974, il est arrivé au CSP de Villetaneuse deux ans plus tard. Il a alors intégré le LPL pour développer des recherches sur les collisions atome/atome métastable en jets atomiques croisés aux énergies thermiques, et démarrer un groupe de recherche qu’il a lui-même dirigé jusqu’en 1995. Ses activités en collisions aux énergies thermiques ont eu un tel retentissement international que son travail a été reconnu par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) qui lui a décerné la Médaille d’Argent en 1978 – et que Helmut Haberland (professeur à l’université de Freiburg, RFA) lui a fait don d’un montage très élaboré de collisions en jets croisés (en 1984).

A partir du début des années 1990, le groupe de Jacques Baudon s’est réorienté vers des méthodes d’interférométrie atomique sur jets, et a conçu une interférométrie très originale de type « Stern-Gerlach », qui a mené à de nombreux travaux remarquables sur les phases topologiques, les interféromètres multiples, les champs co-mobiles, etc.

A la fin des années 1990, Jacques Baudon s’est intéressé à l’interaction de van der Waals (Casimir-Polder) entre atome métastable et surface micro- ou nano-structurée. Cela lui a permis d’étudier les interactions de van der Waals non-diagonales qui sont liées à l’absence de symétrie sphérique. Avec son groupe, il a clairement mis en évidence les transferts d’impulsion apparaissant, suite à cette interaction, dans la transmission d’un faisceau atomique d’Argon métastable dans des nano-fentes ou des nanoréseaux métalliques ou diélectriques.

Dans son enseignement, Jacques Baudon était très clair et pédagogique, et donnait d’excellents séminaires. De même qu’il faut souligner ses qualités d’encadrement des doctorants. Il s’est fortement impliqué dans le Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) «Lasers et Applications » de l’Université Paris 13, qu’il a lui-même dirigé pendant quelques années. Il s’est aussi beaucoup investi pour la communauté et a été longtemps membre du Comité National du CNRS.

Il était Professeur émérite à l’Université de 2002 à 2014, et participait à plein temps aux activités de recherche jusqu’à il y a quelques années. Ses collègues et les nombreux étudiants et étudiantes qu’il a dirigé-e-s ou conseillé-e-s en thèse gardent un souvenir ému et vivant des qualités scientifiques mais aussi humaines de Jacques Baudon disparu le 6 février 2026, à 88 ans.

Institut Galilée

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