Irisation de cellules de fissures par l’effet du temps

Réseau de fissures formé sur un film métallique tricouche chrome-cuivre-molybdène sur substrat souple et flexible, suite à un essai de traction biaxiale, observé au microscope. Les couleurs irisées sont liées à l’irrégularité nanométrique de la couche d’oxyde formée avec le temps à la surface de l’échantillon. Les interfaces et les contrastes mécaniques entre les couches des films de ce type devraient permettre d’améliorer la durabilité mécanique et électrique des dispositifs électroniques flexibles. Cependant, la compréhension des mécanismes mécaniques liés à la nature du matériau reste un défi. Cette image a reçu le prix du public de l’image Art & Science C’Nano 2023 dans la catégorie « Le voyage de Gulliver dans le monde des nanos ». Shuhel Altaf Husain : « Les gradients de coloration des fragments observés donnent l’image d’îlots où toutes les aventures sont possibles. Sont-ce ces îlots qui sont de dimensions lilliputiennes ? Ou bien des aventuriers invisibles qui viennent les peupler ? La palette de couleurs montre que chaque île a sa forme et sa distance vis-à-vis des autres. Comme pour la tectonique des plaques, la déformation globale change le destin de taille et de coloration de ces fragments. Cette image rappelle aussi les œuvres de Gustav Klimt avec pour sujet le cycle de la vie, sans cesse renaissante, tout comme les propriétés physiques de fragments d’épaisseurs nanométriques cycliquement déformés. Elle nous permet d’élargir le spectre de connaissances sur les phénomènes de la nature. L’Homme est un être doté d’un esprit qui par nature ressent un besoin de savoir. La terreur de l’inconnu et le sentiment d’insécurité ne peuvent être évités que par la recherche fondamentale. L’observateur est encouragé à s’interroger et à poursuivre sa quête de savoir car elle révèle la beauté de la nature. ».

© Lspm

Institut Galilée

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